CHIQUITO
     
CHIQUITO
Chiquito, c'est le surnom que mon arrière grand-mère maternelle m'a donné. Je suis né dans un corps à la croisée de plusieurs oppressions. Racisme, néo-colonialisme et homophobie. Mon travail photographique et mon positionnement idéologique en sont le fruit.

Le décès de mon père, premier journaliste politique congolais et fervent anticolonialiste, en 1983 alors que j'étais adolescent, fut le déclencheur de mon engagement militant et m'amènera à considérer la désobéissance civile comme un devoir.

Mais si c’est là que je situe la naissance de ma prise de conscience, je sais en revanche avec certitude que très jeune enfant déjà j’avais en moi ce sentiment de révolte et de colère face à l’injustice. Et ce, d'abord en raison de mon expression de genre et de ce que cela engendrait dans mon quotidien. Je ressentais le rejet et le mépris, sans comprendre pourquoi, sans pouvoir mettre de mots.

Je ne savais pas encore qu’être à la fois africain, noir, efféminé et homosexuel c’était trop pour un seul et même être humain. Beaucoup trop. Et que l’histoire m’avait déjà condamné et assigné à l’obéissance et à l'infériorité.

C'est ce que j'ai refusé, et toute ma vie a été une révolte contre toutes injonctions, et principalement à la dite "normalité".


Mon corps est un champs de luttes, ces 4 portraits symbolisent mes identités multiples : Noir, Homosexuel, Africain et Homoparent.

 

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